Portrait : Karl Hagenbeck

Karl Hagenbeck et ses spectacles anthropozoologiques

Karl Hagenbeck était propriétaire d’une entreprise de vente d’animaux aux jardins zoologiques. Il possédait trois cirques ambulants, dont l’un sillonnera les Etats-Unis. Sa société fut  fondée à Hambourg en 1848.  Il avait introduit de nouvelles méthodes d’acclimatation des animaux dans le but de créer dans les jardins zoologiques des conditions proches de la nature et est ainsi l’initiateur du jardin zoologique sans grilles, en faisant construire  par son architecte Baader le parc zoologique de Stellingen.

«  Baader (…) Pendant deux ans il fut architecte chez Karl Hagenbeck à Hambourg, où il fit les plans pour le premier jardin zoologique sans grilles, construction adoptée plus tard par presque toutes les institutions zoologiques. » [1]

Ce parc zoologique montre les animaux comme s’ils étaient en liberté, dans leur milieu naturel. Pour ce faire il crée des « panoramas » en agençant à l’arrière plan une reconstitution des écosystèmes et en disposant au premier plan des animaux.  Ce nouveau modèle de zoo servira entre autres au zoo  de Vincennes, construit en 1931 par le fils d’Hagenbeck.

Mais, selon Félix Regnault, son commerce d’animaux est déficitaire et il lui faut trouver de nouvelles attractions. Et c’est vraisemblablement  grâce à ses exhibitions humaines qu’il redressera la situation de sa société. [2]

Alors, dès 1874 Karl Hagenbeck intègrera en sus des animaux du zoo des populations qu’il qualifiera de « purement naturelles ». Dans son ouvrage Cages sans barreaux, il nous donne des informations sur cette idée nouvelle :

« J’avoue volontiers que l’idée ne sortit pas toute vivante de mon cerveau […], mais qu’elle me fut suggérée par une lettre [d’un vieil ami], en réponse à une des miennes où je déclarais penser à importer un troupeau de rennes. Il m’écrivit que la chose représenterait un intérêt beaucoup plus considérable si je faisais accompagner ces animaux par une famille de Lapons qui devraient apporter naturellement leurs tentes, leurs armes, leurs traîneaux et tous leurs ustensiles servant à la vie courante. Il imaginait certainement le tableau très pittoresque que constituerait un pareil ensemble installé dans un cadre hivernal adéquat.» [3]

C’est ainsi qu’il fit venir une troupe de Lapons. Le succès de cette première exhibitions le conduit, dès 1876 à envoyer un des ses collaborateurs au Soudan égyptien dans les but de ramener des animaux ainsi que des Nubiens. Karl Hagenbeck nommait ses spectacles anthropozoologiques.

[1] HAUSMANN R., DACHY M. Courrier Dada
[2] Félix Regnault, « Exposition de l’A.-O.F. au Champ-de-Mars à Paris : Sénégal et Soudan français », La Nature, 1895, in Isabelle Gala, Des sauvages au jardin. Les exhibitions ethnographiques du Jardin zoologique d’acclimatation, de 1877 à 1912, Paris, Musée des Arts et Traditions populaires, p. 58 (dactylographié)
[3]Carl Hagenbeck, Cages sans barreaux, Nouvelles Editions de Paris, 1951, p.60-61.
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~ par Maroussia sur 25/04/2010.

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