Les musées des Autres

Dans son écrit Le goût des autres, de l’exposition coloniale aux arts premiers, Benoît de l’Estoile distingue au milieu du XXème siècle trois grands modèles parmi les musées des Autres qui vont généralement de pair avec un type de savoir privilégié, et des modes d’exposition différents.

– Le musée des cultures

Il y a tout d’abord le musée des cultures. Ces musées d’ethnographie, associés le plus souvent à une discipline anthropologique, ont une ambition classificatoire et encyclopédique, dans une perspective scientifique, mais qui adoptent le plus souvent un mode de présentation réaliste jugé plus attractif. Nous pouvons citer parmi ses musées le musée de l’homme.

– Le musée de la colonisation

Il y a ensuite le musée de la colonisation qui est étroitement lié avec l’histoire de l’expansion coloniale en nous contant les grands évènements de la conquête coloniale puis les progrès des peuples colonisés sous l’influence de la civilisatrice européenne ; Bien entendu ses musées avaient pris soin de dépouiller les civilisations africaines de leurs apports passés au patrimoine universel. Ce type de musée qui présentait les objets africains dans un récit historique visant à légitimer la colonisation deviendra de plus en plus problématique au moment des décolonisations. Certains seront alors remaniés, tel le musée de la France d’Outre-mer qui, sous l’impulsion de Malraux en 1961 deviendra un musée consacré aux arts africains et océaniens.

– Le musée d’art primitif

Et enfin, il y avait le musée d’art primitif, qui présentait des collections d’art africain, océanien, amérindien, dans un souci avant tout esthétique. L’art moderne européen, fortement inspiré de ces œuvres indigènes était régulièrement présenté dans ses musées. De plus, dès le début du siècle, sous l’impulsion des avant-gardes des musées d’Art nègre étaient vivement souhaités.

Ainsi, au sein des musées nous assistons à une mise en ordre du monde, comme nous l’avons vu déjà pour les expositions universelles et coloniales.

  • La nouvelle politique muséale

Le paysage muséal lié à l’ethnologie a subit des modifications ces dernières années. Il y eu tout d’abord la création du musée du quai Branly, excluant toute collection européenne.

Les collections européennes quant-à elles, dont la grande majorité se trouvaient au Musée National des Arts et Traditions Populaires (75016 – Paris) prendront place au MuCem (Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée) en 2013 à Marseille. Ce musée est consacré, comme son nom l’indique, aux collections européennes et des pays aux alentours de la Méditerranée. Ainsi, le fossé se creuse entre les Européens et les autres, tous les non-européens. Quant au musée de l’homme, en pleine restructuration, il a été dépourvu de ses collections ethnologiques qui ont rejoint les deux musées précédemment cités.

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~ par Maroussia sur 10/04/2010.

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