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•10/04/2010 • Laisser un commentaire

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Présentation

•07/04/2010 • Laisser un commentaire

En France, la colonisation terrestre sera toujours alliée à la colonisation scientifique, avec la découverte des différents peuples, et idéologique, notamment avec le concept de mission civilisatrice. En 1882, Mérignac dans son Précis de législation et d’économies coloniales[1] le résumera ainsi :

« Coloniser, c’est se mettre en rapport avec des pays neufs, pour profiter des ressources de toute nature de ces pays, les mettre en valeur dans l’intérêt national, et en même temps apporter aux peuplades primitives qui en sont privés les avantages de la culture intellectuelle, sociale, scientifique, morale, artistique, littéraire, commerciale et industrielle, apanage des races supérieures. La colonisation est donc un établissement fondé en pays neuf par une race avancée, pour réaliser le double but que nous venons d’indiquer. »

En conséquence, parallèlement aux campagnes militaires, dans la seconde moitié du siècle, les  grands voyages d’explorations terrestres vont prendre place. Cependant, ces récits de voyageurs restent peu crédibles, et les voyages de savants sont encore rares.

« Jusqu’à ces derniers temps, on ne pouvait étudier les différents groupes ethnologiques qui se trouvent à la surface du globe que par les récits des voyageurs plus ou moins expérimentés et habiles dans l’observation des faits anthropologiques. Les voyages faits avec des savants préparés de longue main à ces études étaient et sont encore rares. Aussi est-ce avec joie que l’on a vu certains entrepreneurs amener en Europe (dans un esprit de lucre, il est vrai) des représentants des différents peuples de la Terre. Ces hommes ont pu alors être étudiés scientifiquement par des savants compétents et fournir de bons résultats.

Mais toutes ces exhibitions ont été partielles ; il serait, par suite, à souhaiter qu’une grande nation européenne prit un jour l’initiative d’une exposition universelle des diverses populations du globe, ou tous les groupes ethniques fussent représentés. Il y aurait aussi un grand intérêt à exposer tous les objets au milieu desquels ces populations ont l’habitude de vivre. On installerait, par exemple, des  villages qui seraient habités ; les maisons seraient garnies comme elles le sont dans le pays d’où elles auraient été apportées ; la cuisine serait faite à la façon indigène, etc.… En un mot, on y verrait les individus vivre de leur vie propre absolument comme si on allait voyager dans les régions qu’ils habitent. »[2]

En effet, le manque d’accès à des sujets vivants sera une des préoccupations des scientifiques.

« Depuis les ruptures introduites par Linné et Buffon au XVIIIème siècle, l’être humain est devenu un véritable objet scientifique et l’anthropologue s’est mis à scruter les objets et le corps. Or le principal problème des savants, durant la seconde moitié du siècle, c’est bien l’accès à des sujets vivants et pas seulement à des récits de voyageurs, à des objets ethnographiques ou à des cranes. »[3].

Ainsi, dès 1877, en parallèle du développement en métropole d’une passion pour l’exotisme, le premier groupe d’indigènes sera reçu sur les pelouses du jardin zoologique d’acclimatation, en marge du bois de Boulogne à Paris, emmené par Karl Hagenbeck, un promoteur privé allemand. Les savants, principalement de la Société d’Anthropologie pourront ainsi étudier près de chez eux ces hommes et valider leurs théories racialistes.  Puis, peu à peu, les villages coloniaux vont se développer et se répandre, essentiellement au sein des expositions universelles et coloniale et sera une attraction appréciée des différents publics.

Ces villages indigènes, qu’ils soient organisés par les autorités elles-mêmes pour les expositions universelles ou coloniales, ou par des impresarios privés sillonnant les villes françaises, ou qu’ils se tiennent sur les pelouses du jardin  zoologique d’acclimatation vont marquer notre rapport à l’altérité. Ces exhibitions vont conforter les stéréotypes en vogue à cette période et déjà relayés par le music-hall, la littérature, la publicité, le théâtre, plus tard le cinéma ou encore le monde muséal. Elles vont également constituer pour nombre de français une occasion privilégiée d’appréhender l’altérité. Cependant, de nos jours, l’histoire coloniale est très peu évoquée et le phénomène de villages indigènes pratiquement tombé dans l’oubli.


[1] MERIGNAC, Précis de législation et d’économies coloniales, Larose 1912

[2] Bonaparte, 1883 cité in Gérard Collomb, Kaliña : des amérindiens à Paris, Créaphis, Paris, 1992, 117 p. p. 14

[3] BANCEL N., BLANCHARD P., BOËTSCH G., DEROO E., LEMAIRE S.  Zoos humains, au temps des exhibitions humaines, Paris, La découverte, 2004, 490 p

Contrat de « louage », exposition de Liège, 1905

•09/05/2010 • Laisser un commentaire

Projet de contrat entre MM. Bouvier et Tournier et les Indigènes du Sénégal [1]

Entre les soussignés,

MM BOUVIER et TOURNIER chargés de l’organisation de et de l’administration du village sénégalais à l’Exposition Universelle de Liège en 1905, demeurant à Paris, 22, rue Boissy d’Anglas.

D’une part,

Et les familles ci-dessous désignées demeurant au Sénégal,

D’autre part,

Il a été convenu de qui suit :

MM BOUVIER et TOURNIER en leur qualité engagent les familles soussignées à l’effet  de former un village noir à l’Exposition Universelle de Liège lequel représentera les divers travaux, mœurs et coutumes de la Colonie.

Ils prennent envers elles les engagements suivants :

De payer à chaque famille, en une fois, à la fin de l’Exposition, la solde totale pour laquelle chacune aura été engagée. La solde commencera le lendemain de l’arrivée à Marseille pour finir la veille du départ à Marseille.

Les soussignés s’engagent à donner tout leur temps et à l’employer au métier pour lequel chacun aura été engagé : à cet effet, le chef de famille est responsable, dans le cas ou l’un des siens n’exercerait pas ou ne pourrait exercer le métier pour lequel il a été engagé et subirait une réduction de solde, dont le montant serait fixé par la direction.

A l’arrivée en France, il sera fait à chaque Chef de famille, pour les siens, une avance d’un mois de solde en tissus ou autres, afin que tous soient irréprochablement propres.

Si dans le cours de l’exposition, il se trouve des noires ou des négresses qui n’aient pas de vêtements propres, la Direction achètera les tissus nécessaires pour les remplacer et en débitera d’autant le Chef de famille responsable.

La Direction se réserve le droit de requérir la troupe entière ou en partie pour les promenades à faire dans l’Exposition.

Il n’y aura plus qu’une seule cuisine, ou seulement les femmes désignées sur le contrat pourront y séjourner.

Il est expressément défendu de cuisiner dans les cases.

Il sera admis une franchise de 30 kilos de bagages par adulte en chemin de fer et 100 kilos sur le bateau.

En aucun cas, les indigènes ne pourront et ne devront invoquer des promesses à eux faites et par qui que ce soit, seules les conditions écrites auront force de loi.

Ils s’obligent en outre à se résigner volontairement aux articles suivants :

ART.1 – seront punis d’une amende de un franc par le Chef et les sous-chefs, ceux qui n’auront pas nettoyé leur case, ou qui seront surpris à mendier ou à voler, sortis du village sans permission, surpris de querelle et de bataille, refus d’obéissance et malpropres/

ART. 2 – l’amende sera maintenue ou augmentée suivant la gravité de la faute et comme le jugera la Direction.

ART.3 – Le montant des amendes formera un fonds de caisse destiné à récompenser les plus méritants.

ART. 4 – Auront leur solde supprimée pendant tout le temps du traitement, ceux qui seront atteints d’une maladie vénérienne ;

ART 5 – les gens de métier ou autre atteints d’une maladie vénérienne devront rembourser les frais de leur traitement.

ART 6 – Seront rapatriés à leurs frais, ceux qui pendant le cours de l’Exposition auront été renvoyés pour cause d’insoumission ou de révolte.

ART. 7 – Chaque ouvrier devra avoir les outils ou instruments du métier pour lequel il aura été engagé.

ART. 8 – Aucun des sujets de la troupe ne pourra de sa propre autorité, résilier son contrat et prendre un engagement avec des tiers, sans être muni, au préalable, d’une autorité spéciale du Gouvernement du Sénégal, ces derniers étant tous contraints de retourner à la Colonie, après l’accomplissement du présent contrat.

ART. 9 – La Direction se réserve de pouvoir exercer des poursuites immédiatement et partout ou se trouveraient le ou les sujets qui auraient commis les infractions à l’article 8 du présent contrat

ART 10 – tous autres désaccords ou litiges seront réglés au retour de la troupe en Afrique, par le tribunal de Dakar.

Ainsi convenu et respectivement accepté,

Fait et signé en quadruple expédition dont :

Une pour Monsieur le Gouverneur du Sénégal

Une pour Monsieur le Consul de France à Liège

Une pour le Chef des Noirs

Une pour Messieurs Bouvier et Tournier

[1] Cité in LEPRUN S., Le théâtre des colonies : scénographie, acteurs et discours de l’imaginaire dans les expositions, 1855-1937, L’Harmattan, Paris, 1986, 308 p.

Portrait : Karl Hagenbeck

•25/04/2010 • Laisser un commentaire

Karl Hagenbeck et ses spectacles anthropozoologiques

Karl Hagenbeck était propriétaire d’une entreprise de vente d’animaux aux jardins zoologiques. Il possédait trois cirques ambulants, dont l’un sillonnera les Etats-Unis. Sa société fut  fondée à Hambourg en 1848.  Il avait introduit de nouvelles méthodes d’acclimatation des animaux dans le but de créer dans les jardins zoologiques des conditions proches de la nature et est ainsi l’initiateur du jardin zoologique sans grilles, en faisant construire  par son architecte Baader le parc zoologique de Stellingen.

«  Baader (…) Pendant deux ans il fut architecte chez Karl Hagenbeck à Hambourg, où il fit les plans pour le premier jardin zoologique sans grilles, construction adoptée plus tard par presque toutes les institutions zoologiques. » [1]

Ce parc zoologique montre les animaux comme s’ils étaient en liberté, dans leur milieu naturel. Pour ce faire il crée des « panoramas » en agençant à l’arrière plan une reconstitution des écosystèmes et en disposant au premier plan des animaux.  Ce nouveau modèle de zoo servira entre autres au zoo  de Vincennes, construit en 1931 par le fils d’Hagenbeck.

Mais, selon Félix Regnault, son commerce d’animaux est déficitaire et il lui faut trouver de nouvelles attractions. Et c’est vraisemblablement  grâce à ses exhibitions humaines qu’il redressera la situation de sa société. [2]

Alors, dès 1874 Karl Hagenbeck intègrera en sus des animaux du zoo des populations qu’il qualifiera de « purement naturelles ». Dans son ouvrage Cages sans barreaux, il nous donne des informations sur cette idée nouvelle :

« J’avoue volontiers que l’idée ne sortit pas toute vivante de mon cerveau […], mais qu’elle me fut suggérée par une lettre [d’un vieil ami], en réponse à une des miennes où je déclarais penser à importer un troupeau de rennes. Il m’écrivit que la chose représenterait un intérêt beaucoup plus considérable si je faisais accompagner ces animaux par une famille de Lapons qui devraient apporter naturellement leurs tentes, leurs armes, leurs traîneaux et tous leurs ustensiles servant à la vie courante. Il imaginait certainement le tableau très pittoresque que constituerait un pareil ensemble installé dans un cadre hivernal adéquat.» [3]

C’est ainsi qu’il fit venir une troupe de Lapons. Le succès de cette première exhibitions le conduit, dès 1876 à envoyer un des ses collaborateurs au Soudan égyptien dans les but de ramener des animaux ainsi que des Nubiens. Karl Hagenbeck nommait ses spectacles anthropozoologiques.

[1] HAUSMANN R., DACHY M. Courrier Dada
[2] Félix Regnault, « Exposition de l’A.-O.F. au Champ-de-Mars à Paris : Sénégal et Soudan français », La Nature, 1895, in Isabelle Gala, Des sauvages au jardin. Les exhibitions ethnographiques du Jardin zoologique d’acclimatation, de 1877 à 1912, Paris, Musée des Arts et Traditions populaires, p. 58 (dactylographié)
[3]Carl Hagenbeck, Cages sans barreaux, Nouvelles Editions de Paris, 1951, p.60-61.

Types d’entrées des villages indigènes (photographies)

•23/04/2010 • Laisser un commentaire

Entrées_des_village_ indigènes

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THEATRE La Vénus Hottentote ou « Haine aux Françaises »

•18/04/2010 • Laisser un commentaire

La Vénus Hottentote ou « Haine aux Françaises », pièce de théâtre jouée au moment même ou la Vénus Hottentote se trouvait à Paris :

« Nouvelles littéraires, pages 159 et 160

La Vénus Hottentote, ou Haine aux Françaises, vaudeville en un acte, joué e 19 Novembre

Les auteurs de cette pièce ont mieux aimé mettre à contribution le théâtre de Vadé que leur propre imagination. De la Canadienne, ils ont fait Les Hottentots. Ils ont métamorphosé les vers en prose ; mais c’est d’ailleurs la même action, les mêmes détails et le même dénouement.

Adolphe, né avec une imagination ardente, ou, pour mieux dire, frappé d’un grain de folie, a juré une haine éternelle aux Françaises, parce qu’il a trouvé parmi elles deux maitresses infidèles. Il n’a pas encore renoncé aux douceurs de l’hymen : mais il a résolu de n’épouser qu’une femme absolument étrangère à nos mœurs et à nos usages….

Une Sauvage enfin. Son oncle, le Baron, grand conteur de voyages, personnage aussi extravagant et plus ridicule que lui, approuve cette résolution. « Adolphe a raison, dit-il, de ne point vouloir d’une femme indigènes, il lui faut une exotique ».

La Baronne, plus sage que son mari, destinait à Adolphe sa cousine Amélie jeune et jolie veuve, et elles concertent ensemble un stratagème dont l’issue doit être le bonheur d’Adolphe. Amélie a donc deux ennemis à combattre, puisque le Baron soutient pour son neveu ; mais elle déclare que le nombre de l’effraye pas.

Je ne puis me défier des hommes

Mais ils ne m’ont jamais fait peur.

C’est la folie de son cousin qui lui suggère l’idée de se présenter à ses yeux, sous le nom et le costume de la Vénus Hottentote », qu’Adolphe n’a pas encore vue. Ce déguisement produit tout l’effet qu’elle en attendait : Adolphe est subitement épris de la belle Sauvage ; le Baron, qui s’était vanté de savoir toutes les langues est pris en défaut et obligé de convenir qu’il ne sait pas la langue hottentote ; cependant il hasarde quelques mots barbares, et Amélie lui répond par un baragouin semblable ; Adolphe, dans son amoureuses impatience, presse l’instant qui doit le rendre l’époux de la femme de son imagination avait tant désirée ; il reste en tête-à-tête avec sa future, près de laquelle il n’est point embarrassé pour s’exprimer :

Car l’amour possède une langue

Qu’on parle dans tous les pays.

Il est complètement dupe du stratagème ; mais son ami Déricourt, qu’on n’avait pas mis dans le secret détruit l’illusion, en lui faisant voir le portrait de la véritable Vénus Hottentote ; on s’explique, Adolphe abjure ses folles idées, et se marie avec sa cousine.

Le succès de ce vaudeville a été complet. Les couplets sont gais, quelques fois un peu graveleux, mais le public était en belle humeur ; Mademoiselle Rivierre a contribué au succès par la grâce qu’elle a mis dans le rôle de la fausse Sauvage.

Les auteurs sont MM Dartois, Théaulon et Brasier »[1]

[1] A.L.MILLIN, Magasin Encyclopédique ou Journal les Sciences, des Lettres et des Arts, Paris, Imprimerie de J.B. Sajou, 1914, 480 p

La Vénus Hottentote

•18/04/2010 • Laisser un commentaire

La « Vénus hottentote », connue sous le nom hollandais Saartjie Baartman est une jeune femme khoisan atteinte de stéatopygie et de macronymphie. Esclave d’un fermier afrikaaner,  Hendrick Caezar , elle est convaincue , à l’âge de 21 ans, par son maitre de l’accompagner en Angleterre, afin de trouver fortune et liberté en contrepartie de l’exhibition de son corps et de danses au son de musique dont elle s’accompagne avec son instrument traditionnel, la goura. Il s’agit en réalité d’une tractation à l’instigation d’un Anglais, Alexander Dulop, chirurgien de la Royal Navy. C’est avant son départ qu’elle recevra le nom de Baartman. Une fois à Londres, c’est Hendrick Caezar qui va véritablement créer le mythe de la « Vénus hottentote » en l’exhibant dans une salle du quartier de Picadilly. Elle partira ensuite en tournée dans toute l’Angleterre jusqu’en 1814 ou elle sera revendue et rejoindra la France.  Elle sera ainsi exhibée par Réaux, un montreur d’animaux aux Jardin des plantes, mais également dans de nombreux music-halls ou alors dans les salons de la haute bourgeoisie. Une pièce vaudeville en un acte intitulée « La Vénus hottentote, ou Haine aux Françaises » et écrite par messieurs Dartois, Théaulon et Brasier ce jouera cette même année à Paris au théâtre du Vaudeville, rue de Chartres. (cf l’article intitulé « La Vénus hottentote, ou Haine aux Françaises »).

En mars 1815, Etienne Geoffroy Saint-Hilaire, administrateur du Museum d’histoire naturelle,  professeur d’une chaire de zoologie et spécialiste de tératologie (étude des monstres), exprime le souhait des naturalistes en demandant l’autorisation officielle de « profiter de la circonstance offerte par la présence à Paris d’une femme bochimane pour donner avec plus de précision qu’on ne l’a fait jusqu’à ce jour, les caractères distinctifs de cette race curieuse ». Ainsi, le 1er avril 1815, Geoffroy Saint-Hilaire présentera son rapport dans lequel il souligne des caractères anatomiques proches du singe.

Par la suite, elle sera prostituée, notamment dans des salons privés. Dès son arrivée, la curiosité et le fantasme de Saartjie Baartman ont été créés et entretenus par l’exagération des représentations iconographiques et des descriptions caricaturales de son corps.  Le naturaliste alllemand Gustav Fritsch expliquera quant à lui la particularité sexuelle de la femme hottentote comme le résultat de pratiques sexuelles spécifiques… cette femme présentait en tout état de cause tous les indices d’une sexualité sans limite, obscène et bestiale.

Saartjie Baartman décèdera dans la nuit du 29 décembre 1815 des suites d’une fièvre éruptive. Son corps sera remis au laboratoire d’anatomie du Muséum à Georges Cuvier, père de l’anatomie comparée, zoologue et chirurgien. Il ne s’agissait pas d’établir les causes de son décès, mais de procéder à un nouvel examen de ses particularités physiques et à la dissection de son cadavre, au mépris de la réglementation en vigueur, puisque de telles opérations ne devaient être possibles qu’à la faculté de médecine et à l’hôpital de la Pitié. Après avoir effectué un moulage du corps, Cuvier prélève ses organes génitaux et son cerveau, destinés à être conservés dans le formol, puis réalise d’extraction du squelette. Il fera son compte-rendu devant l’Académie de Médecine en 1817.

Son corps sera transféré en 1937 au musée de l’Homme (lors de sa fondation). Son moulage et son squelette sera présenté au public parmi d’autres squelettes, moulages et photographies d’humains de tous les continents dans la galerie d’anthropologie physique jusqu’en 1974. Puis le moulage sera exposé pendant deux ans dans la salle de préhistoire.  Par la suite ses restes seront stockés dans les réserves, d’où le moulage ressortira en 1994 pour une exposition au Musée d’Orsay intitulé « la sculpture ethnographique au XIXème siècle, de la Vénus hottentote à la Tehura de Gaugin ».

En dépit de l’invalidation des théories scientifiques du XIXème siècle et de l’évolution des mentalités intervenue depuis la décolonisation, on ne peut que s’interroger sur les motifs de la persistance de l’exposition du squelette et du moulage de Saartjie Baartman jusqu’en 1976, puis à nouveau en 1994 au musée d’Orsay.

Cette même année émane une demande de restitution de la Vénus Hottentote de l’organisation représentant les descendants des Khoisans. Cette demande sera réitérée plusieurs fois, en janvier 1996 lors de la visite officielle en Afrique du Sud de Monsieur Jacques Godfrai, ministre délégué auprès du ministre des affaires étrangères, à la coopération dans un entretien avec le docteur Ngubane, ministre des arts, de la culture, de la science et de la technologie. Puis le 6 octobre 2000 par l’ambassade d’Afrique du Sud à Paris. Il faudra attendre le 21 février 2002 pour que soit voté un article de loi unique concernant la restitution du corps de Saartjie Baartman. (Annexe 1 : loi relative à la restitution par la France de la dépouille mortelle de Saartjie Baartman à l’Afrique du sud). En avril de cette même année, le corps de Saartjie Baartman sera rendu à l’Afrique du Sud ou son inhumation aura lieu. [1]

[1] Source : N°3563-Rapport de M. LE GARREC,fait au nom de la commission des affaires culturelles, sur la proposition de loi, adoptée par le Sénat, relative à la restitution par la France de la dépouille mortelle de Saartjie Baartman à l’Afrique du Sud, Enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 30 janvier 2002

Questionnaire sur les métis

•14/04/2010 • Laisser un commentaire

Questionnaire_sur_les_métis

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« Blanchissez-moi tous ces nègres », Serge Bilé

•14/04/2010 • Laisser un commentaire